Ecrire

11 mars 2020

Labo-Bonheur

Publié par lutran dans Non classé

Envie de ciel, envie de ciel et mes bras se tendent comme ceux de l’ enfant vers sa mère lorsqu’ il a faim. Faim d’ un ailleurs, faim d’ autre chose, et mes yeux pleurent sur toute cette médiocrité. Il est sans doute trop tôt pour mourir, mourir serait fuir mais je toune sur moi-même et cherche à m’ envoler. Comme un derviche tourneur je voudrais me perdre dans ce cercle que je dessine de plus en plus vite. Je n’ ai plus trop de temps. J’ ai fait avec mes entraves mais je voudrais désormais les enlever, je voudrais me déshabiller de toute la lourdeur des éducations religieuses, je voudrais déposer un fardeau qui n’ était pas mien et redevenir léger, léger, léger. Il n’ y plus que le  silence dans mon corps, les maux se sont tus. La moindre petite cellule est en éveil. Je suis le danseur. Je suis le rythme. Je suis la musique qui élève, la recherche de sens . Je voudrais grimper le long d’ une corde invisible et monter, monter loin des peurs, des petitesses, des égoismes. Ma tête se vide elle n’ est plus que mouvement, un mouvement lent à l’ écoute.Je berce lentement l’ enfant qui s’ est tapi en moi.

1 mars 2020

Malaga

Publié par lutran dans Non classé

Je reviens de la possible douceur des choses, du jeûne d’ une actualité morbide. Je n’ ai plus pensé qu’ à la réconfortante chaleur du soleil sur ma peau vieillissante. Je n’ ai plus pensé qu’ aux retrouvailles entre amis. Je me suis réjoui de l’ imposante Alcazaba que je longeais tous les jours pour arpenter la ville. J’ ai marché longtemps le long de la plage, dans les ruelles étroite et blanches du vieux centre ville. J’ai mangé du poisson frit, des migas, du chorizo frit et bu de nombreux chocolates con churros.Je me suis immergé dans ce stage théâtre que j’ animais à l’ école de langues retrouvant les rires, les progrès, les dépassements des élèves. J’ étais à ma place facilitant l’ ouverture, permettant la perte du sens du ridicule, de la timidité, encourageant les progrès, accompagnant les découvertes. J’ ai essayé en quelques jours d’ aller au plus près de ce que pouvait nécessiter chaque élève. Ensuite je me suis reposé, j’ ai écrit, je me suis nourri du plaisir exprimé par les élèves dans leur comptes-rendus. Ma mission était accomplie pour la sixième fois à Malaga. J’ avais oublié pour quelques jours la réforme des retraites, l’ évolution du coronavirus.

16 février 2020

La Malagueta

Publié par lutran dans Non classé

J’ai vu se construire la douceur. Elle coulait tranquillement le long de l’ ombre des palmiers de la plage de la Malagueta. La luminosité du jour encourageait à marcher longtemps sans projet. Le blanc et les ocres des façades dessinaient une autre réalité, plus calme, nourrie du rire des enfants, du repos des anciens sur les bancs ou dans les cafétérias. L’ hiver s’ était éloigné pour quelques jours et les retrouvailles amicales occupaient chaque soirée.On aurait pu croire au bonheur. Je l’ embrassais longuement sachant sa disparition proche. Je n’ avais qu’ une seule envie, être là et me réjouir de ce cadeau.

27 décembre 2019

Présence

Publié par lutran dans Non classé

Petites activités.Petites habitudes. Petits rituels. Depuis ce temps retrouvé. Ce temps des vacances tant attendu, si vite passé. Hier s’ efface peu à peu. Aujourd’ hui tremble d’ impatience. Demain se décolore. Dans le confort de cette maison. Il n’ y plus que l’ instant qui n’ existe déjà plus. Je suis de nouveau en compagnie de Lorca. Ses dernières heures dans la propriété de la Rosaleda. Sa joie, son incessante créativité. La sexualité n’ est plus qu’ une excitation passagère. Donner. Recevoir. Je me laisse aller à des heures gourmandes et me réjouit des agapes d’ actualité. Les plaisirs de la bouche. Mon écriture se nourrit du quotidien qu’ elle transcende. Les premiers habits de l’ hiver sont bien légers. La colère du peuple s’ est un peu apaisée pendant les fêtes. Elle reprendra bientôt.

23 novembre 2019

Etat de moi

Publié par lutran dans Non classé

Terre précieuse de l’ instant où je sais que rien ne pourra me satisfaire. Je continue à chercher. Terre précieuse de l’existence. Miracle qui aurait pu ne pas être. Dans la conscience de mes faiblesses, dans la joie de mes forces. Les deuils se succèdent jour après jour. J’ attends de moins ne moins de choses mais vis pleinement les heures présentes. Les importances se sont effondrées dans un fracas si léger. Je n’ entends plus que ma musique, retiré du non sens contemporain. J’ éteins peu à peu les ordinateurs, les radios, les portables. Je voile mon téléviseur.  Je suis sur le chemin du départ.  Je suis écriture.  Je suis le professeur, le théâtraux. Je danse avec mes entraves et je crée , invente, imagine, à longueur de journée.

23 novembre 2019

La Nuit

Publié par lutran dans Non classé

Nuit câline

Nuit vorace de mes fatigues

Nuit copine

Nuit tunnel vers un demain

Un aujourd’ hui que j’ abandonne

Je m’ en vais dans mes rêves

Améliorer mon quotidien

Je me raconte des  histoires

Et m’ endors vite

Nuit mystère

Qui ourle mes journées

Porte de l’ inconscient

Nuit fragmentée de différents sommeils

Un lâcher prise routinier

J’ ai la chance de dormir

Nuit qui tombe de plus en plus tôt

Pour recharger mon énergie

Petite mort que j’ accpete

Gourmand de son repos

Petit plaisir régulier

Après des journées chargées

Antre de créativité

Compagne de projets

Nuit source régénérante

Jadis mes nuits blanches

Mes nuits bavardes

Mes nuits vagabondes

Je n’ ai plus peur de disparaître

Et vivre est un tel plaisir…

20 octobre 2019

Le temps des amis

Publié par lutran dans Non classé

Quelques heures s’ éclairent

Elles brûlent même

Et  le paysage roussit

Ils parlent et je les regarde

C’ est une douce après-midi

Les mots se bousculent dans la joie

On continue à se raconter

Une protection nous enveloppe

Je parle et ils me regardent

Nous n’ avons rien à prouver

La complicité se redessine

La fumée du café et le cake aux fruits rouges

C’ est une cure de jouvence

Dans la tranquillité de nos confidences

Dans les fou-rires retrouvés

Nous avons vingt ans, trente ans, quarante ans, cinquante ans

Nos vies s’ effacent en compagnie

Frères et soeurs d’ une même époque

Famille de coeur

On repart ragaillardis

Envie de dire merci

 

29 septembre 2019

Programme

Publié par lutran dans Non classé

Comme un corps qui ne ferait plus obstacle

Traversé par une  brise légère

Avec un maintenant infini

Dont la durée caresserait

La fin des deuils.

Comme un ventre qui ne serait plus affamé

Nourri simplement de vie

Avec un ici de n’ importe où,

De là où nous serions tous les mêmes,

De là où ne posséderions rien.

Comme un appel à la lenteur

Pierre précieuse pour demain

Résistance paisible,

Refus d’ idolâtrer le non sens.

 

15 septembre 2019

Etat de mon lieu

Publié par lutran dans Non classé

Je cisèle une absence d’ envies. Les heures tombent encore lourdement. Les miroirs se sont brisés.Je bois la tiédeur d’ un automne naissant. Une énième rentrée se dessine sans bruit. La joie s’ invente avec la rencontre. Le moi s’ efface à l’ ombre des tilleuls. Le temps fait des pauses fainéantes. Les fruits de l’ ennui mûrissent. L’ écriture est en voyage, elle cherche. Vivre se conjugue sur d’ autres modes. Il est surprenant de moins attendre. Demain il fera sans doute jour.Tout peut arriver et cela viendra. Jour après jour dans ce va et vient habituel de rires et de larmes. Mes goûts s’ affinent et deviennent plus simples. A quoi bon rajouter des cris, de l’ énergie à cette tragi-comédie de la vie? Est ce qu’ écrire est un acte? Est-ce qu’ écrire transforme? J’ oublie de plus en plus de choses.Celles peut-être qui aidaient à paraître.

27 juillet 2019

Les désarticulés

Publié par lutran dans Non classé

Les désarticulés ont le coeur à l’ oreille

Ils sont souvent condamnés aux  mots chuchotés

Ils sont si différents, si naïfs, si primaires.

Ils étaient trop sensibles, il n’ étaient pas préparés.

Les désarticulés aux  membres éparpillés dans l’ espace

Qui flottent en attendant.

Les désarticulés font un bruit dérangeant

Dans ce grand supermarché aux musiques insipides

Leurs pas sont de ferrailles et de sifflements

Les rouages d’ amour manquent d’ huile.

On fuit sur leur passage, sur ce que dit leur message.

Ils n’ ont pas leur place dans ce monde  harmonieux

Où l’ on achète en riant  et consomme à tout vent

Ils mendient un lien , un fil, du sens

Ils rêvent de réunification

Les désarticulés volent légers dans les rêves, les utopies

Ils s’ écrasent contre les racismes et l’ ignominie

Meurent incompris dans un immense silence

On articule bien alors les chants patriotiques

On fait groupe, on fait masse.

Il n’ y aura bientôt plus que des corps bien formés.

 

 

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