Ecrire par ennui, par ce que la vie n’ est pas suffisante, parce que j’ ai trop de choix, que je n’ ai pas à vivre dans l’ urgence, parce que j’ ai le temps de me poser la question du pourquoi de mon existence, parce qu’ il faut que j’ extraie un dégoût, un sentiment de non sens qui me donnent envie de crier, d’ être violent, parce que tous les jours se suivent et se ressemblent parce qu’ aujourd’ hui je n’ ai ni sagesse ni raison, parce que je m’ insupporte et que je me grifferais volontiers jusqu’ à m’ en arracher la peau et pouvoir enfin souffrir à bon escient. Je me regarde et je me juge avec des relents d’ ancien bon judeo chrétien. Je me regarde me juger, vieil enfant instable et repus. Je voudrais trouver la source de ce malaise que je connais et combats, mais faut il le combattre?Il est source de créativité il est est violence pure, il est refus de la mort, de la vieillesse, de la tiédeur.Il est nécessité. Il est plaisir. Je voudrais passer ces journées par terre couché à même le sol et attendre que cela passe, mais je lutte m’ astreins à faire du ménage ou fuis dans n’ importe qu’ el type d’ activité. Je jongle sur mon désarroi.Je rejoins le cirque bruyant de ceux qui s’ activent.J’ écris pour qui quitter ce monde qui me déplaît, parce que je veux rejoindre un état de transe où j’ oublie l’ espace et le temps où je quitte mon propre corps pour devenir émotion, source de mots, légèreté.Je me vide alors de toutes les tentatives de réponses, les fatigues, les agitations et m’ apaise jusqu’ à la prochaine crise .Je me sens triste, petit, humble .Je rejoins la chaleur protectrice du ventre de ma mère. Je pleure sur ce paradis perdu , le seul auquel je semble croire.