Ecrire

17 mai 2012

Ascencion

Publié par lutran dans Non classé

A l’ heure où je vous parle le christ vient juste de démarrer son ascension.Il a fait le choix symbolique cette année de partir de la petite ville corrézienne de Tulle .Il paraît particulièrement en forme,toujours vêtu de cette tunique claire et sobre qui le met particulièrement en valeur, un sourire que l’ on peut qualifier de nouveau éclaire son visage. Certains murmurent qu’ il aurait été contacté pour participer au nouveau gouvernement mais qu’ après discussion avec Martine Aubry lui garde le paradis et Martine le PS. Il a juste confié aux nombreux journalistes qui le suivaient en moto qu’ il était plein de joie ,que le malin reculait et prenait d’ ailleurs quelques jours de repos pour mieux préparer son retour, qu’ il fallait continuer à être vigilants. On sait de source sûre qu’ il devrait atteindre un monde meilleur vers la fin d’ après-midi. Il y a beaucoup d’ émotion et de recueillement pour ce décollage. Espérons que la foudre ne viendra en rien perturber son ascencion comme ce fut le cas pour le premier déplacement de celui qu’ il appelle dans l’ intimité « mon Paco à moi » , mon «  faiseur d’ espoir ».Une seule ombre au tableau ,on est toujours sans nouvelles de la fille cachée de la vierge. Jésus n’ a pour l’ instant fait aucun commentaire sur la disparition de sa soeur Ségolène.Nous suivrons pour vous en direct la montée annuelle, nos journalistes dans leurs fusées essayeront à tout moment d’ interroger plus longuement le fils de Dieu.

5 mai 2012

Ecrire, toujours

Publié par lutran dans Non classé

Ecrire comme on prie, comme on médite dans le calme d’une rencontre avec soi qui nous dépasse, dans un silence qui apaise, panse et nous répond. Ecrire un temps qui se fige en douceur pour apprivoiser le vide et vous enveloppe. Ecrire une plénitude des sens en éveil, une fête intérieure et silencieuse que vous êtes seul à entendre. Attendre dans la nuit sur le papier parmi les collages de la journée que les lettres se composent lentement pour former des phrases que vous ignoriez mais qui lorsqu’ elles se concrétisent décrivent la beauté des mélanges, la nécessité des métissages, l’ ignominie de  fausses peurs. Ne pas lâcher les idées et leur donner cette forme que l’ encre permet. Ecouter l’ obscurité et la supplier de ne pas s’ installer, de permettre encore le retour de la lumière. Etre disponible pour ne pas sombrer dans le sommeil et écrire nos capacités à améliorer encore ce monde à rendre la dignité à ceux qui l’ ont perdue.  Ecrire comme un engagement, une façon d’ exister. Une réponse à un appel, honteuse parfois d’ avoir tant à dire, tant à raconter et qui cherche peut être la fin des mots, la fin de l’ expression. Ecrire pour se donner le sentiment d’ exister,  pour assumer un quotidien  qui indispose ,dérange, quand on a fait le choix depuis longtemps de se barrer vers des planètes autres que celle où nous  demeurons. Ecrire pour laisser une trace et percer des ego imposants. Ecrire pour être au plus près de soi dans la joie de l’ expression, la douleur de l’ imperfection.

4 mai 2012

Les poils

Publié par lutran dans Non classé

Ode aux poils,couverture duveteuse qui recouvre nos corps.

Que depuis fort longtemps nous cachons .

Bêtement, suivant les modes  d’ ici et les travaux forcés de chinois.

Ode aux poils que l’ on caresse doucement dans la lumière

Feutrée, de nos libertés et qui surgissent vaillamment

A  travers les tissus les plus rudes et les plus lourds de nos ignorances.

Ode aux poils qui laissent perler nos sensuelles sueurs

Nos tentatives d’ amour et cachent nos secrets.

Chevelures dans lesquelles on plonge nos mains

Pour remercier la beauté, oublier le non sens

Et retrouver la joie qui souvent  disparaît.

Poils du cul que l’ on garde  un peu malgré soi

Dans un souvenir zozotant et ému sur nos langues apaisées.

Ode aux poils qui enfin blanchissent sous nos yeux effarés,

Nous préparent  courageusement à d’ autres passages

Et qui  dans une ironie finale nous survivent longtemps.

 

1 mai 2012

Le ménage

Publié par lutran dans Non classé

Je creuse le quotidien. J’ ai besoin de sonder mon emploi du temps, mes habitudes, mes rituels, mes engagements, mes goûts, ma façon de vivre. J’ ai besoin de questionner leur sens. Je me traque pour ne pas me mentir, pour être au plus près de mes fuites, de mes mensonges, de mes nombreux arrangements.Cela devient objet d’ écriture. Cela devient voyage dérangeant, décapant.Le ménage dans nos maisons est-il la conséquence d’ un pouvoir bourgeois qui nous domine depuis 1789 ? Est-il l’ émanation d’ un pouvoir dominant plus ancien? Pourquoi passer tant de temps à nettoyer, dépoussiérer, laver des lieux qui vont se salir aussi vite ? Pourquoi ce rôle a -t-il été si longtemps attribué aux femmes? Comment cette exigence liée sans doute à la propriété privée, aux codes de la bienséance dominante s’ est-elle opérée peu à peu au point de devenir pour beaucoup d’ entre nous un besoin, un esclavage. Paraître propre, paraître rangé, partager une même quête de netteté. Ne se fréquenter qu’ entre gens propres. Etrange phrase que celle-ci mais qui doit nous mettre en garde contre notre peur de la saleté ou ce que nous croyons être de la saleté. Qu’ est ce qu’ être propre aujour d’ hui? N’ est-ce pas ne pas avoir d’ odeur, ne pas être reconnaissable à l’ odeur de sueur, de transpiration? N’ est-ce pas cacherson identité sous des déodorants, des parfums? Pourquoi nous sommes nous habitués à une civilisation avec peu d’ odeurs naturelles mais saturée de parfums artificiels.Grâce à l’ hygiène, à l ’ éducation à la propreté nous avons certes permis une plus grande longévité mais les microbes et les bactéries demeurent et notre peur de la mort si flagrante et si niée ne gagnerait-elle pas à permettre un peu plus de désordre, un ménage moins obsédant? Nous consacrerions alors plus de temps à notre nettoyage intérieur.

29 avril 2012

28 Avril, je voudrais…

Publié par lutran dans Non classé

Je pose ma main sur le clavier comme je prenais le stylo il n’ y a pas si longtemps. La voix d’ une amie au réveil éclaire la journée. Et toujours ces vies dans lesquelles se reflète la mienne. Ce partage avec mes semblables nécessaire et qui lorsqu’ il est vrai parfume mon existence. C’ est un nouveau 28 Avril qui n’a jamais existé.J’ accueille ma créativité, mon envie d’ un autre monde, mon envie d’ être au plus près de moi. J’ essaye de tuer dans l’ oeuf cette insatisfaction qui  sur le plan personnel n’ a pas raison d’ être. Je ris de cet ego qui me passionne, me torture, m’explique qui je suis. Hier je pleurais encore. Moi qui suis sans doute heureux depuis longtemps. N’ est-il pas temps de  l’ admettre?  Moi qui souffre encore de violences et de colères, petite bête traquée prête à mordre.Petit tas d’ orgueil.Mes exigences se moquent fort heureusement d’ elles mêmes. Le fleuve  tonitruant de mes envies s’ est peu à peu transformé en un ruisseau paisible. C’ est mon écriture qui devient mon grand engagement. Je questionne les dernières décennies qu’ il me reste à vivre et je m’ engage à devenir encore plus qui je suis. Il faut sans doute pour cela du silence, de la vie, il faut se faire confiance et devenir son propre accoucheur. Je revendique ma fêlure celle qui me rend sensible aux autres, celle qui me pousse à m’ évader dans l’ écriture, le jeu, pour reconstruire un univers plus vrai, plus juste dont l’ humain soit le centre. Humain, merveilleuse machine à tuer et à faire naître. Formidable complexité alliant l’ horreur et le  merveilleux.Petite plante qui a besoin de soleil et qui comme aujourd’ hui sort nombreuse profiter des rayons dans un printemps très gris.J’ achète des roses d’ inde jaune et orange pour le jardin. Ma mère est toujours morte et son prince un quinqua. Je voudrais ne plus carburer à l’ amour. Je voudrais assumer de pouvoir ne pas être aimé. Je voudrais ne plus être un mendiant de reconnaissance. Je voudrais me suffire de mon propre regard .Je voudrais cesser de chercher le regard rassurant, réconfortant, encourageant de ma mère.

22 avril 2012

Malaga 2012

Publié par lutran dans Non classé

Malaga des parfums de fleur d’ oranger, des douces promenades au pied de la Alcazaba. Malaga qui lutte pour la modernité sans perdre encore son âme andalouse et resplendit autour de son théâtre romain. Ses arbres gigantesques, ses jardins multicolores se découpent plus clairement sous sa lumière bienfaitrice. Malaga du temps retrouvé, du tapeo quotidien, des terrasses ensoleillées, des amitiés fortes. Malaga de la blancheur des touristes qui rosissent peu à peu dans la joie que procure un plat de poissons frits sur la plage.Malaga des ruelles étroites et ombragées, des multiples bars.Seuls les pneus qui crissent encore sur le pavé recouvert de cire rappellent la semaine sainte.On a déjà installé le tapis rouge le long de l’ avenue Larios pour le festival de cinéma.Le roi chasse l’ éléphant et nargue ainsi un pays en crise qui n’ est sans doute pas encore assez mûr pour la république.On s’ habille encore pour faire le paseo et quelques hommes à la virilité de toreros se gominent toujours.

Je retrouve avec nostalgie l’ école de langues où j’ ai enseigné en 1998.J’ anime pour la deuxième fois un atelier théâtre et m’ envole pour cinq jours vers des contrées magiques de découvertes, de naissances et de rires.Le groupe est constitué de dix sept élèves d’ âges et de niveaux différents.Il s’ agit pour moi de les encourager à s’ exprimer, de les libérer des jugements négatifs qu’ ils peuvent porter sur leur pratique de la langue, de les inciter à improviser, à créer, à jouer avec le français.Le groupe répond avec énergie et plaisir aux progressions que je propose, transformant ainsi l’ atelier en un formidable voyage humain, sensible et fort. La mayonnaise a pris et nous sommes tous sous le charme de ce que les uns et les autres proposent.

 

 

 

1 avril 2012

Détente

Publié par lutran dans Non classé

Les rayons de soleil sur la brique rose de la rue du Taur chassent momentanément la tristesse qui s’ était posée sur la ville depuis une semaine. La jeunesse des nombreux bénévoles du festival de cinéma d’ Amérique latine égaye la cinémathèque. J’ ai décidé de rester seul pendant ces quelques heures de détente. Rien n’ est insupportable et si les medias nous le permettent nous passerons à autre chose.Nous continuerons parce que pour la plupart d’ entre nous il s’ agit d’ aller de l’ avant, de vivre. Jean Daniel a fait un papier magnifique dans  » Le Nouvel Observateur » où il demande aux responsables des trois religions monothéistes de revoir la violence des textes fondateurs et de les commenter. J’ étais très ému à l’ annonce de cette réflexion que je me suis souvent faite.Comment parler d’ amour, de tolérance, de paix lorsque les textes agressent et peuvent faire le lit de pensées fanatiques. Il sortira peut-être quelque chose de positif de ce drame. Au lycée les élèves parlent, ont besoin de parler. De nombreux musulmans ont besoin de témoigner de l’ amour que prêche leur religion. D’ autres élèves s’ interrogent pour la première fois sur le fait religieux. Je ne suis plus religieux. Il m’ aura fallu cinquante ans pour rompre définitivement en profondeur avec toute forme de spiritualité  existante. A moi de construire désormais ma spiritualité. Je crois en l’ homme et en sa capacité d’ améliorer le monde. Je crois en la vie qui devrait être un cadeau pour tout le monde.

25 mars 2012

Bulle de tristesse

Publié par lutran dans Non classé

Bulle de quelques jours sur des enfants morts, des militaires morts, un jeune assassin mort, bulle d’ horreur proche qui nous mobilise bien plus que la faim dans le monde, que les meurtres en Syrie.Bulle que les médias font exploser chez nous si nous allumons la télévision qui ressace la plupart du temps  à longueur de journée sa non information et déverse peu à peu  un fiel de fausses questions de type télé réalité.Bulle sur une ville, un pays où l’ on a du mal à séparer la comédie de la vérité en ces temps de campagne électorale.Un temps de deuil que l’ on viole par des prédictions de peur qui encore une fois nous éloignerons les uns des autres.Quand réglera-t-on la cohabitation pacifique entre palestiniens et israéliens? Quand cesserons nous d’ assumer les injustices qui font le lit des terrorismes? Quand cesserons nous d’ accepter les discours porteurs de haine, les extrémismes religieux? Quand assumerons nous une société métissée où quelles que soient nos origines nous ayons les mêmes chances de réussite? Je pense à ces enfants que l’ on a séparé des autres en les scolarisant dans une école religieuse. Je pense à ces militaires qui ont été confrontés à l’ horreur dans leur carrière dont je questionne le sens. Je pense à cet assassin fanatique ou fou qui n’ était sans doute pas créé pour une telle fin.

9 mars 2012

Sexualité, Sexualités

Publié par lutran dans Non classé

Communication différente dont on nous a peu parlé et pour laquelle nous devenons la plupart autodidactes, défouloir assumé lorsque nous sommes jeunes garçons, plus difficile pour les filles, envies régulières puis plus passagères mais pas pour tous, plaisir des sens, gourmandise avec ou sans pénétration , caresses longues lorsqu’ on prend le temps, douceur du bien être ensemble, violence pour changer le rythme, pour retrouver l’ animal, pour donner du piquant, fougue du corps qui nous guide et nous éloigne de nous, recherche, mensonge lorsqu’ on lui accorde trop d’ importance, destructrice lorqu’ elle n’ est pas langage, rapide certains jours entre le frigo et le lave linge, éphémère pour notre grand désespoir, orgasme plus ou moins dense,recherche de l’ orgasme, éjaculation , baiser peut être le plus sensuel comme une source à laquelle on se désaltère, don de plaisir et plaisir qui se dessine sur le visage de l’ amant, découverte de soi, découverte de l’ autre, prendre son pied, réaliser un fantasme, j’ approche, ton cul , ton vagin, tes seins, ta bite,ton clitoris,tes poils, tes fesses, tes cuisses, lâcher prise apaisant, jubilatoire, rieur, routinier, égoïste, écoeurant lorsqu’ il n’ est qu’ un étal de chair. Mystère qui diffère d’ une personne à l’ autre, carte d’ identité de l’ intime, accolades , embrassades.Nous nous rapprochons, nous nous touchons, nous nous exitons, nous nous exilons. Fusion passagère. Faire comme les autres, comme dans les films, comme sur les vidéos pornographiques. Seul, à deux, à trois, en groupe, avec ou sans mise en scène.Nous avons peur de ne pas être à la hauteur. Dans le noir ou en plein jour. Des générations l’ ont fait sous la couverture.Avec des pointes d’ exibitionnisme, de sado-masochisme. Etrange affaire qui nous concerne presque tous, qui nous questionne, qui reflète tous nos malaises, nos problèmes,nos carences nos énergies, nos joies, nos frustrations, nos histoires, nos espoirs.Etrange affaire qui nous passionne, nous mobilise,nous emprisonne, nous lasse, nous fatigue, nous émeut et nous renvoit finalement à notre propre solitude.

23 février 2012

Peurs ou peur

Publié par lutran dans Non classé

Créer comme un réponse à la peur comme une protection contre la peur. Peur de se retrouver seul face à soi et de déprimer. Peur de ne pas assumer sa solitude. Peur d’ être seul. Peur de ne pas assumer le fait d’ être seul. Peur de ne pas trouver de sens à cette existence. Je suis au bord de ces peurs que j’ essaye de regarder calmement même si mon corps connaît des démangeaisons à m’ en arracher la peau. Peur d’ être découvert, peur de moi-même.

Je construis aussi mes propres peurs qui sont sans doute plus encombrantes. Quel intérêt? Continuer à expurger de vieilles angoisses, m’ empêcher de vivre mieux, plus intensément? Compliquer ce qui pourrait être simple et se donner ainsi l’ illusion de vivre dans le fracas de mes tristesses et de mes colères. Créer parce que c’ est aussi se dédoubler, faire et regarder ce que l’ on fait, s’ assoir  face à soi et dialoguer, se tenir compagnie. Peur de ne pas savoir, peur de ne pas comprendre. Je suis à nouveau face à mon incompétence notoire dans  certaines situations matérielles concrètes de la vie quotidienne pour lesquelles je ne fais aucun effort. Peur d’ être en retard. Venez toutes que je vous capture, que je vous comprenne avant de vous accueillir, que je vous accepte pour mieux vous porter, vous loger au creux de moi, de ma vie.

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