Ecrire

24 mai 2021

Aujourd’ hui

Publié par lutran dans Non classé

Etre seul. Au calme.

Avec envie de faire mal.

Beau programme.

Pour soulager  mes peines,

Que je croyais parties.

Elles vont, elles viennent…

Mes pensées sont bruyantes,

Mes émotions, coupantes,

Seul le rien m’ adoucit. J’  ai besoin de sa dose.

Il  m’ accueille et me repose, m’ évade et me ramène

Me berce dans l’ absence.

Le silence, le refus du bruit, des parasites,

Le rejet des bavardages.

Et les autres qui m’ appellent,

Ces merveilleux coupables,

Que j’ aime et je déteste.

Trop occupé à m’ accepter,

Trop occupé à me regarder,

Vieux sadique coupable,

Trop perturtable.

M’ isoler est  un besoin.

Pour nous protéger.

Une façon de vivre,

Une façon de survivre,

Un deuil qui trop duré.

Et le fantasme de  me couper de tous

De  trancher d’ un coup

Cesser les enfantillages

Attendre que la mort nous sépare

Ne pas retrouver les gestes excessifs, les passages à l’ acte

Et sombrer dans ma folie, la regarder dans les yeux

M’ apaiser de mots

Ecouter l’ amie

Pour mieux poursuivre

Changer la façon d’ être ensemble

Changer ma façon d’ être à moi

Sans peser sur les autres.

Sans peser sur moi.

Le monde me gêne et m’ insupporte,

Aujourd’ hui, je me gêne et m’insupporte

Demain m’émerveille et m’emporte.

C’ est un passage sombre, que je n’ aime pas.

Je ne suis ni meilleur, ni pire.

J’ admire la force qui malgré tout m’ a mené jusque là.

Je ne juge pas , mon coeur s’ est fermé.

Demain sera meilleur.

22 mai 2021

Après le calme

Publié par lutran dans Non classé

Les heures , lasses, m’ enlacent,

Un doux silence, lisse me sort du lit,

Le jour se lève, plein de promesses, finit mon rêve,

L’ écrit se creuse et crisse, cherche la source,

La vie, ma muse, coule et suit son cours.

Il n’ y a pas d’ heure pour les mots,

Il n’ y a pas d’ honneur à les dire,

Mais un besoin dès le matin,

De les choisir, de les écrire

De les laisser, frais et joyeux,

Se déposer sur du papier,

Au pied du bol qui fume encore,

Au seuil du jour qui s’ évapore.

Il est grand temps de dire moins,

Pour mieux écrire, trouver l’ idée,

Et je sillonne depuis peu,

Le blanc des feuilles de mots nouveaux,

De mots qui germent et fleurissent,

De mots qui cherchent et qui déchirent

Les vieilles housses du passé,

Les leçons trop bien apprises.

 

 

14 mai 2021

Passage

Publié par lutran dans Non classé

Etre au monde en bleu sur le tard, après m’ être baigné longuement dans des flots rouges, noirs, jaunes, oranges et dorés. Est -ce en ciel ou en terre demandait le clown depuis sa  planète créative? Peu importe répondait la brise légère, celle qui soulevait légèrement les voiles, peu importe continue de rire, de pleurer et marche. Passant de voile en voile, après les avoir crus  infranchissables de douleurs et de passé, le clown donnait et recevait sans prendre. Il avait appris de nouveaux gestes et malgré ses quatre vingt kilos se pensait maintenant comme une plume. Maintenant , ce mot l’ attendrissait comme une promesse de joie et de calme. De la pointe des doigts il effleurait les visages qui l’ entouraient. Parfois la paume de sa main se logeait contre celle d’ un ou d’ une autre rencontrés. Il demandait souvent à se reposer quelques secondes sur la courbe d’ un dos offert ou au creux d’ une épaule. Il était enfin sa poésie personnelle et son chant d’ identités donnait depuis une source intérieure intarissable un silence apaisant. Porté par le rythme de la vie qu’ il avait eu la chance de pouvoir suivre. Balancé entre sa propre écoute et celle de ceux qui l’ accompagnaient, il savait sans savoir.

1 mai 2021

Un rêve

Publié par lutran dans Non classé

Si tu étais là je t’apprendrais

L’accueil des jours qui passent

Le cycle de nos vies

La nature qui nous embrasse

Les chants du silence

Je te  transmettrais

Les mers vertes des champs de Mai

L’ ombre sous les acacias l’ été

Je te parlerais

De l’ écoute de soi à n’ importe quelle heure

De la pensée du matin pour remercier

Et l’ on allongerait le présent

Et l’ on créerait de l’ amour

On traverserait les peurs

Et l’ on rirait de tout.

Si tu étais là je t’ aimerais si fort

Ma carapace en morceaux à tes pieds

Les armes du non sens déposées

Mon écorce brûlerait

La sève creuserait la terre

Elle y retournerait

Emportant avec elle

Un père comblé.

30 avril 2021

Scène 1

Publié par lutran dans Non classé

L’ enfant sort du cadre étonné. Il ne savait pas jusque là qu’il en avait la possibilité. Il est curieux et un peu effrayé. L’ agilité de son corps, sa souplesse laissent à penser qu’il ne va pas tarder à courir  Sa mère non loin de là, royale et parée de ses plus beaux atours l’ observe depuis un passé dont elle ne peut plus revenir. Devant, occupant une place importante de la scène  il y a l’ homme mûr, rond et sympathique. Il s’ est un peu déformé , son visage s’ est empâté par négligence, par laisser aller, enfermé dans son costume de bourgeois, propre  et soigné. Enfermé dans le confort et la  gourmandise. Son oeil rieur avec éclats de malice annonce cependant une surprise. Elle advient sous la forme d’ une jeune artiste fort séduisant en bras de chemises et chevelure au vent qu’il embrasse de toutes ses lèvres. Une scène inattendue qui nous fait baisser les yeux pour ne pas participer à ce qui deviendrait un moment voyeur. La vie est rarement ce que l’ on croit. Elle est beaucoup plus complexe, plus riche que celle que l’ on nous impose, que celle qu’on nous apprise. C’ est une scène qui est là pour nous faire réfléchir et qui nous prend par surprise oh la coquine, pour nous amener ailleurs.

29 avril 2021

Trop. Etat de manque.

Publié par lutran dans Non classé

J’ écris dernièrement comme je vivrais une passion amoureuse. Je ne pense qu’ à ça, me lève très tôt pour m’ y consacrer. C’est un besoin obsédant qui m’ accompagne toute la journée et peut m’ exténuer si je ne m’ en libère pas. Je suis face à l’ obsession d’ écrire comme lorsqu’on est dans le besoin de l’ amant, de la drogue. Je suis face à mon besoin. Mon besoin de l’ amant.  Mon besoin de drogue. J’ écris pour répondre à ce besoin. Je suis face à mon obsession qui me fait chavirer, provoque des nausées et  me semble excessive. Je suis dans une forme d’ hystérie. Je suis dans l’ excès, je suis dans le trop, je suis en force et donc mal connecté avec ce qui se passe réellement à l’ intérieur de moi. Je m’ oublie sans doute à travers cette obsession qui paradoxalement émane de moi et parle de moi. Pourquoi jugerais je négativement cet état qui ma’ apporte aussi beaucoup de joie, qui m’ accompagne, peut me tuer mais me fait renaître. Oui j’ écris pour assumer ma solitude. L’ écriture vient combler ce sentiment de grande solitude. Solitude. Elle s’ inscrit dès les premières lettres de mon identité. Solitude et tristesse.

Je connais ce trop. Ce besoin de se donner. Ce besoin de s’exténuer. Je ressors aussi de mes cours d’ espagnol vidé. Il est grand temps que je m’ économise.Surtout si je veux vivre vieux. Je voudrais recontacter justement cette force qui est en moi , qui est énergie et non colère et non violence et qui peut durer indéfiniment sans me fatiguer. Je la connais. Elle est fluide, rassurante, posée. C’ est elle qui doit désormais s’ imposer. Je dois la laisser s’ installer. Je veux qu’ elle règne en moi, qu’ elle m’ imprègne. Il est peut être temps que je baisse les armes et que je cesse de vivre ma vie comme un combat, que je cesse d’ être continuellement sur ma défensive et que je n’ envisage plus les autres comme de possibles ennemis. Différent donc en danger c’ est ce que l’ on apprend très vite dans ce monde où domine une pseudo majorité forte de la négation de ces particularités. Oui je veux écrire sur ma différence, sur le pouvoir écrasant de cette masse  » la majorité », sur la force incroyable qu’ il faut pour lui résister. Je veux épanouir ma dignité et labourer enfin le champ qu’ elle mérite, l’ espace reconquis.

29 avril 2021

Justification?

Publié par lutran dans Non classé

Oui c’ est ça. Ca c’ est écrire. Ecrire c’ est passer le temps, le traverser, l’ habiter. C’ est léger et lourd à la fois. C’ est pour moi une réponse existentielle récente qui était là tapie, il y a  longtemps. C’ est depuis peu connecter avec ma source intérieure, cette fontaine que je voudrais intarissable et qui coule de mots, de sensations, d’ images qu’ il ne me reste qu’ à dessiner ou déposer sur le papier. C’ est un dialogue avec moi-même qui me prend par le mot et m’ explique, m’ éloigne du quotidien pour mieux l’ appréhender. C’ est se lever comme ce matin avec le besoin de coucher cette réflexion. Pourquoi me justifier, pourquoi expliquer cet acte qui me voit remplir des cahiers, tenir un blog, écrire un roman. C’ est ainsi,  pour ne pas mourir d’ ennui, pour ne pas être emporté par l’ ennui de ce monde où tout se répète depuis si longtemps, pour fuir cet ennui qui pourrait prendre la forme d’ une dépression. La dépression face au vide, face à l’ absurde, face à une condition humaine qui progresse mais qui reste mortelle et fait toujours tout pour l’ oublier. Ecrire comme une tentative d’ immortalité, comme cette trace que je souhaite laisser imprimée. Mais aussi écrire pour me confronter à la mort, la questionner, la provoquer, l’ approcher. Vanité sans nul doute mais qui vient m’ épauler, m’ accompagner, me consoler de tous mes deuils, de toutes mes insatisfactions. Emanation parfois insupportable d’ un ego insatiable, mais surprise miraculeuse lorsque elle prend une portée universelle, car en me disant, en me livrant, en jouant sur le fil dangereux de la lame du couteau de la lucidité  mais aussi de la joie d’exister, je nous dis. Beaucoup l’ ont déjà fait certes et avec un talent que je n’ ai pas mais il y des domaines dans lesquels je peux amener ma pierre comme l’ homosexualité, le questionnement du genre, la création avec le théâtre et le clown et simplement mon goût de vivre et l’ immense tristesse sur lequel repose mon rire. Puis écrire c’ est joyeux malgré  les passages à vide de manque d’ inspiration ou de bavardages  inintéressants. Il faut écrire longtemps et souvent avant de pouvoir extraire une idée, une phrase intéressante, originale. Il faut que cela murisse longtemps avant de connaître ces instants où le stylo semble devenir autonome relié à une force, à une inspiration intérieure et extérieure à la fois, une inspiration qui nous dépasse et nous voit remplir des feuilles et partir pour quelques heures dans un texte qui vous emporte. Oui écrire c’ est se laisser emporter, c’ est partir en confiance sans savoir ce qu’il va se passer, c’ est continuer à se raconter différemment. L’ écriture révèle, surprend, elle permet la liberté d’ aller rencontrer tous les traits, les émotions, les sentiments que peut connaître un être humain. C’ est devenir un dieu créateur qui a le pouvoir de vie et de mort sur ses personnages. Il y a un conteur en moi qui a été longtemps observateur, qui ne s’ est pas donné le droit de prendre la parole parce qu’ homosexuel et qui veut maintenant raconter tout ce qu’ il a vu, tout ce que nous sommes. Ecrire c’ est se retirer pour reprendre ce que l’ on a vécu, le décrire, le poétiser, l’ analyser pour le restituer comme un miroir aux autres. Moi, les autres  les deux grandes sources d’ inspiration et la recherche. La recherche? La recherche de sens à cette expérience vitale. Ecrire pour se vider de tout et voir. Ecrire jusque’ à quand? Jusqu’à ce que la source tarisse. Jusque’ à ce que la vie se charge de tracer d’ autres chemins ou jusqu’à ce que la mort survienne comme une libération. Car écrire peut être aussi un doux emprisonnement, un enfermement, une fuite. Vivre serait donc fuir? Ecrire serait donc fuir? Non.Peut-être. On peut vivre conscients de notre finitude. Ecrire est en ce moment mon chemin. Je veux écrire sur la fusion entre la vie et mort, sur la joie de livresque je connais et sur la joie de mourir que je souhaiterais. Je veux écrire pour nous encourager à vivre le plus intensément possible ce que nous avons à vivre pour partir tranquilles et laisser notre oeuvre accomplie. Je veux vivre pour écrire et non le contraire.

28 avril 2021

Lettre à ma mère

Publié par lutran dans Non classé

Des mots d’ apaisement, qui caressent, bercent le vieil enfant que je suis. Le vieil enfant que tu aurais pu encore prendre dans tes bras Des mots qui me calment et me vident de toute cette colère qui traîne depuis quelques jours. Sur le bord d’ un épuisement, d’ une perte de connaissances. Dans une fuite créative qui m’ émerveille mais que je veux gérer. J’ arrête sur le papier pour quelques instants ma quête de reconnaissance non la quête de reconnaissance par toi, ma mère. Tu  n’ est plus là, tu est morte et je ne l’ obtiendrai plus. ..Tu ne m’ as pas reconnu comme le garçon que j’ étais. Je suis devenu féminin parce que cela te convenait. J’ ai cru que j’ étais une petite fille. Je ne me suis pas autorisé le désir pour les femmes. Tu as tout fait pour que je te désire toi en m’ interdisant bien ce sentiment que j’ ai reporté sur toutes les autres. Je traverse ce malaise aujourd’ hui encore une fois mais cette fois- ci de façon violente, obsédante. J’ en ai des nausées , des envies de vomir. Mais je veux m’ en débarrasser car je sens que cela  peut me mettre en danger. Ma tête pourrait exploser, mon coeur s’ arrêter. Je ne veux pas perdre connaissance. Je ne veux plus perdre la connaissance. Je ne veux plus une connaissance qui ne vienne que de toi, ma mère, la seule que je croyais apte à me la transmettre. Je veux  à partir de cet instant construire ma propre connaissance. Je ne pouvais pas la garder jusque là , je ne le souhaitais pas, elle ne venait pas de toi, je ne pouvais pas la partager avec toi. Je ne voulais pas renaître. J’ étais ta chose .

Je te parle désormais en tant qu’ autre. Je me décolle de toi pour mieux me voir, mieux te voir, mieux voir tes souffrances. Je te remercie de m’ avoir donné la vie.

27 avril 2021

L’ appel des mots

Publié par lutran dans Non classé

C’ est comme une course de fond. La dernière? Je ne sais pas, je n’ ai jamais été coureur. J’ ai toujours eu horreur de courir. Mais cette fois -ci je dois partir vite mais à mon rythme et ne plus regarder derrière. C’ est moi qui court et je découvre de nouveaux paysages que je  prends le temps de regarder. Je  nomme  les arbres, les plantes, les fleurs et chante cette nature que jusque là je méconnaissais. Je l’ ai toujours appréciée , elle m’ a toujours entouré. Comme une mère dont on se laisse aimer sans chercher à savoir qui elle est. C’ est un nouveau départ alors que je rentrais. J’ étais sur le point de m’ assoir devant la maison. J’ étais sur le point d’attendre tranquillement ma  vieillesse et puis ma mort que je souhaitais sereine. Et voilà qu’ ils m’ appellent et m’ entraînent, veulent sortir des cahiers, du silence, du caché. Quelle audace? Quel culot?. Je ne questionne plus leur projet, je l’ ai fait tant de fois. Qu’ils sortent, qu’ils’ envolent pour que je leur coure après, comme on court vers un nouvel amour vers un retour de flamme, vers une vie ressuscitée. Je suis si surpris, si reconnaissant de cette nouvelle course immobile, calme et forte, si forte. Je suis si joyeux de ce nouveau voyage,  libéré de mes peurs, prenant enfin ma place.

27 avril 2021

Au censeur

Publié par lutran dans Non classé

Laisse moi déployer mes ailes, laisse moi prendre cet envol que je ne connais pas. Une dernière fois, pour atteindre des hauteurs insoupçonnées, pour me frotter contre les vents de toute mon âme. Laisse moi m’ élever comme j’ aurais du le faire plus tôt. Je le sais, je ne suis ni  aigle, ni albatros, mais même s’ il est tard,  laisse moi partir avec les mots, tous les jours, à n’ importe qu’elle heure. Tu ne sais pas toi, ce qu’ils sont devenus pour moi, ces textes qui m’ écoutent depuis tant d’ années,  ces cahiers d’ écriture qui se sont accumulés, le roman, le blog. Les mots m’ attendent désormais au réveil et je n’ ai plus qu’ à les libérer sur le papier. Je vis comme une combustion intérieure qui peut me faire exploser si je n’ en lâche pas quelques uns très vite. Et moi qui croyais que j’ avais assez parlé, moi qui pensais aller vers le silence. Regarde ailleurs s’ il te plaît, je suis déjà prêt. Depuis longtemps. Quitte moi à ton tour, allège moi de ta peau. J’ ai décidé d’ exister. Je ne joue pas. C’ est une renaissance. Elle est une surprise, un appel à la créativité permanente. Elle est une libération qui me verra m’ alléger des normes et des conventions, des apprentissages et des éducations. J’ ai creusé jusque là le lit de ces nouvelles phrases à venir, de ces mots nouveaux dont je ne connais pas encore le goût, de ces mots que l’ on goûte comme un fruit exotique juteux et sucré. Je perdrai peut être les mots je perdrai peut être la tête mais laisse moi brûler de ce beau feu qui m’ emporte, laisse moi souffler tout cette incroyable énergie qui m’ habite. C’ est mon chemin, et je le vois pour la première fois après ces nombreux mirages qui l’ annonçaient . J’ y vais pas à pas, par peur de m’ y épuiser, ce sont des pas de remerciements, des pas de joie d’ exister. J’ ai désormais la force de ne plus t’ écouter. Je ne t’ entends déjà plus.

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